Les pathologies digestives

Obésité

Epidémiologie

L’obésité est une pathologie due à de nombreux facteurs : sédentarité, perte de la culture culinaire, consommations de fastfoods et d’aliments transformés, stress…

En 2012, l’enquête Obepi retrouvait 15 millions de personnes obèses ; on estime qu’il y en aura 20 millions en 2020.

C’est un problème de santé publique : le coût est estimé à 10 Mds € soit 7% de l’objectif national des dépenses de l’assurance maladie (ONDAM)

Définition

Elle se définit par un indice de masse corporelle (IMC = poids/ taille2).

 

Valeur de l’IMC Interprétation
18,5 kg/m2 < IMC MAIGREUR
18,5 < IMC < 24,9 kg/m2 CORPULENCE NORMALE
25 ≤ IMC < 30 kg/m2 SURPOIDS
30 ≤ IMC < 35 kg/m2 OBESITE MODEREE – Classe I
35 ≤ IMC < 40 kg/m2 OBESITE SEVERE – Classe II
40 kg / m2 ≤ IMC OBESITE MORBIDE – Classe III

 

L’obésité androïde (graisse profonde, dans l’abdomen) contrairement à l’obésité gynoïde (graisse superficielle, entre la peau et les muscles) est celle qui présente le plus de risques de complications, en particulier au niveau métabolique (diabète de type 2) et cardiovasculaire.

L’obésité entraîne des complications métaboliques (diabète, hypercholestérolémie et hypertriglycéridémie) cardio-vasculaires, respiratoires (syndrome de l’apnée du sommeil), digestives (syndrome de reflux gastro-œsophagien, stéatose hépatique) et rhumatologiques, une augmentation du risque de cancer (en particulier le cancer colo-rectal) et une diminution de l’espérance de vie. Une personne en obésité sévère perd 4,5 années de vie et une personne en obésité morbide perd 8 années de vie.

Elle entraine aussi une altération de la qualité de vie avec une gêne fonctionnelle, une stigmatisation, une mésestime de soi et est un facteur de risque de dépression

Principes de prise en charge

La prise en charge personnalisée holistique (nutritionniste, éducateur physique et psychologue) est essentielle pour modifier son comportement alimentaire, gérer la prise de nourriture associée aux émotions et reprendre une activité physique régulière.

Il existe des traitements médicaux qui peuvent être proposés pour des pertes de poids modérées dans certains cas en association à l’accompagnement pluridiscipinaire : l’orlistat et le liragluride.

Les techniques endoscopiques restrictives (ballons gastriques, sleeve gastroplastie) peuvent être proposées pour les patients ayant un 27 < IMC < 40. Les interventions bariatriques (anneau gastrique, sleeve gastroplastie et by pass) sont indiquées pour les personnes ayant un IMC > 40 ou > 35 ayant des maladies liées à l’obésité.

450 000 patients ont bénéficié de chirurgie bariatrique entre 2006 et 2017 soit 50 000 patients opérés chaque année. La chirurgie diminue la mortalité des patients en obésité morbide.
Les techniques endoscopiques et chirurgicales pour les personnes obèses sont des outils d’aide à la perte de poids mais le suivi holistique pluri-disciplinaire par une équipe impliquée (chirurgien, gastroentérologue, nutritionniste, psychiatre, éducateur physique) est essentiel pour atteindre l’objectif de perte de poids durable. Les patients doivent avoir une évaluation avant les procédures pour évaluer l’indication et vérifier l’absence de contre-indications. Elle permet aussi d’apprécier la connaissance de leur maladie et de préciser des objectifs thérapeutiques afin d’optimiser et de personnaliser l’accompagnement thérapeutique.

Dr Vianna Costil, Paris

Références

  • L’IMPACT ÉCONOMIQUE DE L’OBÉSITÉ  Arnaud Basdevant .Presses de Sciences Po (P.F.N.S.P.) | « Les Tribunes de la santé » 2008/4 n° 21 | pages 57 à 64

  • The Lancet Diabetes and Endocrinology (2014), « Years of life lost and healthy life-years lost from diabetes and cardiovascular disease in overweight and obese people: a modelling study ».

  • Obepi 2012 : http://www.roche.fr/portal/roche-fr/obepi_2012_

  • Lettre Trésor-Eco n°179 – Septembre 2016 – « Obésité : quelles conséquences pour l’économie et comment les limiter ? »

  • Reges et al JAMA. 2018 Jan 16; 319(3): 279–290